Le vieux château de Hyères les palmiers

 

Jadis un majestueux château était perché à 198 mètres d’altitude sur la colline du Castéou. Il dominait Hyères les palmiers dans le Var.

Il y a 20 ans, c’était un de nos lieux préférés de jeu avec les enfants pour se sentir une âme d’aventurier.

Nous avons voulu le redécouvrir cet été. La magie est revenue. Des travaux de fouilles et de consolidation débutés en 2014 du plus grand château féodal de Provence ont dégagé des vestiges inconnus pour nous à l’époque. Même s’il est difficile de se rendre compte de ce qu’avait pu être ce château, rien que pour la vue à 360 sur toute la commune d’Hyères, la rade, les îles d’or et les Maures, cela vaut le coup d’y monter.

 

L’ascension par les ruelles et chemins de la face Sud de la colline, vous fera découvrir de jolis immeubles souvent restaurés et des lieux emblématiques de la vieille ville comme découvrir la place Massillon, la rue des porches, la tour des templiers, la collégiale St Paul, le jardin St Claire et le jardin Saint Bernard entre autres.  Lire une idée de parcours sur l’excellent site “La route du sel”

De nombreuses à voir pendant votre ascension, aussi prenez votre temps, et surtout laissez les tongs à la maison. Il y a de nombreux chemins de terre souvent parcourus par les racines des arbres et des escaliers anciens un peu glissants.

Pour ceux qui veulent accéder directement au château, un parking a été aménagé au pied de l’enceinte castrale, mais il restera encore un bon parcours à faire à pied.

A noter: L’accès au château est libre et gratuit. Malgré les travaux de sécurisation effectué, ce site demande de faire attention aux risques de chute.

La collégiale St Paul vue du château St Claire

Plan de la ville médiévale d’Hyères. Le plan positionne les différentes enceintes ainsi que le château.

La première cours basse nous accueille. Elle est vaste et la vue est déjà splendide. Puis on commence une nouvelle ascension vers le château.

Tout au long de votre balades, vous trouverez des panneaux d’informations pour vous permettre de mieux imaginer le lieu.

Le château était composé de 2 cours basses, d’un puits, d’un donjon et de plusieurs portes. Un inventaire mentionne une chapelle, des chambres, une cuisine, une citerne, un moulin, un  cellier, un grenier, une forge, une écurie et une bergerie.

Ci-dessous, quelques photos des ruines et du panorama vu des tours du château. Deux tables d’orientation sont à disposition des visiteurs.

Une remontée dans l’Histoire

Les seigneurs de Fos (propriétaires de l’actuel territoire de Fos-sur-Mer), ayant aidés dans les années 970  Guillaume, comte de Provence à chasser les sarrasins du Fraxinet (voir encart à droite, quelques notes sur le Fraxinet), obtinrent en récompense l’actuel territoire d’Hyères, de La Londe et de Bormes. La première mention du château, qui fut construit au milieu XIe siècle, par Pons de Fos, date de 1062, où il est mention de castrum (château). Treize ans plus tard, en 1075, il est mention de castellum, ce qui signifie sûrement que des habitants se sont installés autour du château).. Après une lutte militaire entre Ildefons Ier et Amelin de Fos au sujet de la possession de la ville et du château d’Hyères le territoire revint finalement à Charles Ier d’Anjou, le comte de Provence, en 1257. Les seigneurs de Fos abandonnent le château, la ville, son territoire et les îles d’Hyères contre d’autres territoires en Provence.  Dès 1481, le château appartient au domaine royal. Pendant les guerres de religion, la ville d’Hyères reste fidèle au roi, mais le château change souvent de main. À partir de 1596, le triomphe d’Henri IV provoque la conquête de la ville. Mais il fallut un siège de cinq mois pour que le roi réussisse à prendre le château. En punition, il fut décidé de démanteler le château, mais c’est finalement son successeur, Louis XIII qui fit procéder à son démantèlement en 1620. Les vestiges du château sont classés monuments historiques par liste de 1862 ; le rempart et le vieux château sont inscrits depuis le 27 janvier 19261.

Le château reconstitué par Hyères Patrimoine à partir des éléments existants et des plans du cadastre Napoléonien (source Var découverte)

Quelques notes sur le Fraxinet des Maures

La présence sarrazine en Provence et dans les alpes est peu connue. Cependant de 889 à 972, le massif des Maures abrita une colonie importante de musulmans d’El Andalous. Depuis le golfe de Saint-Tropez et spécialement le Fraxinet (La garde-Freinet), ils fient des raids jusque dans le Piémont. Quelques toponymes gardent encore des traces dont l’Almanarre (Al-manara en arabe pour phare) bien connu ici à Hyères et le massif des Maures.

Lire les deux excellents articles à ce propos.

 

 

photos © Les caterina on the road