USA – La réserve indienne de Pine Ridge – South Dakota

par | Amériques, Balade Amériques, Du Nebraska au South Dakota, South Dakota, USA

La réserve indienne de Pine Ridge abrite le peuple Oglala Lakota.  C’est un domaine de beauté brute, de culture riche et de difficultés économiques extrêmes. Le gouvernement tribal est situé dans la ville de Pine Ridge.La tribu sioux Oglala fait partie de la division Titowan de la Grande Nation Sioux.   (texte issu du site Lakota friends circle)

Réserve de Pine Ridge
Division: Teton
Groupe: Ogala
Siège social de la tribu : Pine Ridge, Dakota du Sud
Langue traditionnelle : Lakota
Habitants : 19 698 en 2016 avec 88% d’améridiens
Superficie: 11 000 miles carrés sur sept comtés différents : les comtés de Bennett, Custer, Fall River, Jackson et Shannon, tous situés dans le Dakota du Sud.

La réserve de Pine Ridge comprend trois régions géographiques :

1. Les parties Sud et Est sont composées de grandes plaines vertes.
2. La partie centrale Ouest se fond dans les contreforts Est des Black Hills qui se trouvent plus à l’Ouest. Le résultat de cette situation géographique est une région de collines et de crêtes couvertes de pins, d’où le nom de la réserve ‘Pine Ridge’ (crête des pins).
3. Au Nord de cette région boisée se trouvent environ 160 000 acres de badlands : un paysage ruiniforme de terrains marneux ou argileux, raviné par les eaux du ruissellement.

Repères historiques

Les montagnes de Black Hills sont considérées comme une terre sacrée pour les indiens lakota. En raison de leur valeur culturelle pour les indiens, le gouvernement des États-Unis a accepté, dans le traité de Fort Laramie de 1868, de garantir la propriété de ces terres aux indiens lakota et d’empêcher l’établissement de colonies blanches. Cependant, lorsque de petites quantités d’or ont été trouvées dans la région en 1874, ce fut la « Ruée vers l’Or » qui engendra le conflit entre les Etats-Unis et la Grande Nation Sioux. Le gouvernement des Etats-Unis voulait acheter les Black Hills auprès du peuple lakota, mais ceux-ci refusèrent. les pionniers investirent le terrain à la recherche de l’or que renfermaient les montagnes sacrées. La rébellion indienne fut immédiate et les généraux américains dont Custer décidèrent que le peuple Sioux devait se cantonner dans les réserves.

En 1876, les troupes du général Custer interviennent. Elles seront battues à Little Bighorn par les guerriers menés par Sitting Bull et Crazy Horse. Des deux côtés la résistance et les massacres continuèrent jusqu’en 1890. Le mois de décembre 1890 sera marqué par l’assassinat de Sitting Bull dans la réserve de Pine Ridge et le massacre d’environ 150  ( l’armée américaine reconnaît aujourd’hui que c’est 300 à 350 Amérindiens qui périrent lors de ce « massacre »)  Indiens Sioux du groupe Minneconjou mené par le célèbre chef Big Foot, à Wounded Knee, situé dans la réserve de Pine Ridge. Après des années de combat pour préserver sa terre sacrée, Les Lakotas durent abandonner leur territoire et être placés dans cette réserve.

Une des célébrités de Pine Ridge : Le chef Sean Sherman, le re-découvreur des saveurs perdues de la cuisine des natifs américains.

Photo the SIOUX CHEF

Sean Sherman, Lakota Oglala, né à Pine ridge est un auteur de livres de cuisine et promoteur de la cuisine indigène. Sherman a fondé l’entreprise d’éducation des aliments indigènes et traiteur The Sioux Chef.

Sioux Chef s’engage à revitaliser la cuisine amérindienne et ré-identifier la cuisine nord-américaine, une importante culture culinaire longtemps enfouie et souvent inaccessible.

Il a reçu un prix de leadership de la Fondation James Beard et son livre de cuisine 2017, The Sioux Chef’s Indigenous Kitchen, a remporté le prix James Beard 2018 du meilleur livre de cuisine américain.

DOCUMENTATION

Focus sur le massacre de Wounded Knee

En raison de la sécheresse, les Sioux sont frappés par la famine. En 1890, Jack Wilson, un chef religieux amérindien connu sous le nom de Wovoka, déclare que, pendant l’éclipse totale de soleil du 1er janvier 1889, il a reçu la révélation qu’il etait le Messie de son peuple. Le mouvement spirituel qu’il crée devient connu sous le nom de « Danse des esprits » (Ghost Dance) est un mélange de spiritualisme païute et de Christianisme.

La Danse des esprits se propage rapidement chez les Sioux, démoralisés et affamés. Effrayés, les agents indiens demandent l’aide de l’armée. 300 Lakotas Miniconjou dont leur chef Big Foot décident d’abandonner leur village de la réserve de Cheyenne River pour rejoindre le chef Red Cloud, qui ne fait pas partie du mouvement de la Danse des esprits, à l’agence de Pine Ridge.

Wounded Knee Massacre Monument –Photos Tripadvisor

Il existe différentes versions du massacre mais les historiens s’accordent sur le fait que les tirs ont commencé pendant le désarmement des Amérindiens.

En février 1890, le gouvernement des États-Unis rompt le traité de 1868 de Fort Laramie. Cela répond à la politique clairement affichée du gouvernement « de rompre les relations tribales » et d’obliger « les Indiens à se conformer au mode de vie de l’homme blanc, pacifiquement si possible ou sinon par la force ». Les tribus sont séparées en unités familiales sur des parcelles de terrain de 130 hectares.

Ignorant les intentions des Indiens, et craignant que la destination de Big Foot ne soit le bastion des adeptes de la Danse des esprits dans les Bad Lands, le général Miles déploie les 6e et 9e régiments de cavalerie pour bloquer les Miniconjou.  Ils sont interceptés par le major Samuel Whitside et environ 200 hommes du 7e de cavalerie, qui avait été décimé à Little Bighorn par les Sioux 14 ans auparavant. Ils escortent les Lakotas à leur camp pour la nuit à Wounded Knee Creek. L’armée fournit aux Lakotas des tentes et des rations. Les Indiens sont comptés : il y a dans le village 120 hommes et 230 femmes et enfants.

Le matin suivant, les Lakotas trouvent face à eux le reste du régiment, avec son commandant, le colonel James W. Forsyth, arrivé pendant la nuit. Une batterie de canons est disposée sur une petite colline surplombant le campement. Forsyth informe Whitside que les Lakotas doivent être transférés dans un camp militaire à Omaha dans le Nebraska. Les hommes Lakota sont rassemblés et informés qu’ils doivent remettre toutes leurs armes à feu. Les soldats, craignant que des armes restent cachées, commencent à fouiller les tentes, provoquant la colère des Lakota qui, selon l’armée, sont sous l’influence d’un chaman Miniconjou, Yellow Bird.  Lorsque les soldats tentent de désarmer un Lakota nommé Black Coyote, un coup de feu part. Une fusillade générale s’ensuit. La plupart des hommes Lakota, encerclés par les soldats, sont abattus. Les survivants se dégagent. C’est alors que les canons bombardent le village des femmes et des enfants. Les soldats tirant de tous les côtés, on pense que certains d’entre eux ont été tués par leur propre régiment mais aucune enquête n’a permis de connaître la vérité.

Lorsque la tempête de neige qui s’est abattue entre-temps se calme, les militaires embauchent des civils pour enterrer dans une fosse commune les victimes Lakota : officiellement, 84 hommes et garçons, 44 femmes et 18 enfants. De plus, 7 Lakotas meurent à l’hôpital de Pine Ridge des suites de leurs blessures.

Le colonel Forsyth, désavoué par le général Nelson Miles, est immédiatement relevé de son commandement. Une enquête militaire approfondie menée par Miles critique les dispositions tactiques prises par Forsyth tout en l’exonérant de sa responsabilité. Le secrétaire à la guerre rétablit alors Forsyth dans son commandement du 7e régiment de cavalerie. La cour juge que, pour la plupart, les soldats de la cavalerie ont essayé d’éviter les atteintes aux non-combattants.

Néanmoins Miles continue à critiquer Forsyth qui, selon lui, a délibérément désobéi aux ordres. C’est du général Miles que vient l’opinion selon laquelle Wounded Knee est un massacre délibéré plutôt qu’un drame provoqué par des décisions malheureuses (l’opinion publique américaine étant alors généralement favorable à Forsyth).

Vingt « médailles d’honneur » sont attribuées à des soldats du 7e de cavalerie pour leur conduite durant le massacre. Aujourd’hui encore, les Amérindiens réclament instamment qu’elles soient requalifiées en « médailles du déshonneur ».

Vers la fin du XXe siècle, les critiques se font plus vives. Beaucoup considèrent l’évènement comme une des plus grandes atrocités de l’histoire des États-Unis.

Credit Photos de l’article :  Les Caterina on the road

Autres crédits sur cet articles : Wounded Knee Massacre Monument, Photos Tripadvisor

%d blogueurs aiment cette page :